2. Description  

Le Graduel de Bellelay a été décrit dans le Catalogue des manuscrits médiévaux conservés à Porrentruy et dans le canton du Jura édité par Rudolf Gamper et Romain Jurot (Zurich, 1999) de la manière suivante :

Parchemin, 362 p., 200-210 x 140-145 mm.

Avant 1160-1170

cahiers : IIC + III10 + 22 IV362 +IIE. Quelques réclames encore visibles (voir p. 26). Numérotation des cahiers sur le dernier f. de chaque cahier. Foliotation partielle des p. 11-74 par une main du XII/XIIIe s. i-xxxiii au milieu de la marge de gouttière du verso des f. ; foliotation partielle i-x des p. 270 à 288 par une main du XII/XIIIe s. De la p. 78 à la p. 341, ce sont les formulaires liturgiques qui sont numérotés xxx-clxxxvii par une main du XII/XIIIe s.

Réglure à la mine de plomb et à la pointe sèche. Justification de 160-165 x 95-100 mm, 10 portées par page. Minuscule gothique du XIIe s. Rubr., p. 132-133 rubr. en vert. Au début des formulaires, initiales rubr., parfois vertes ou rehaussées de vert. Initiales au trait à rinceaux sur fond vert et rouge à la p. 11 (Avent), initiales rouges et vertes aux p. 33 (Noël), 200 (Pâques), 226 (Ascension), 271 (Ste Lucie). Quelques titres en lettres alternées rouges et vertes. Notation messine ; notation carrée sur portée rubr. à la p. 10. Très nombreuses corrections par grattages et suscriptions (XII/XIIIe s.).

Le catalogue donne une bibliographie que l’on retrouvera dans cette édition dans une version augmentée. Le contenu du manuscrit est dépouillé et organisé par grandes sections selon le schéma suivant :

L’analyse des pages 1 à 10 est également faite ainsi que celle de la contregarde et de la garde.

Le Graduel de Bellelay est écrit en minuscule gothique du XIIe siècle et noté en notation messine sur portées de quatre lignes avec indication de clé et parfois de guidons. Une nuance est à apporter par rapport à la description du catalogue. La justification n’est pas toujours de 10 portées mais parfois de 11 portées (p. 267 à 282, p. 299 à 314, p. 331 à 344 soit l’essentiel du sanctoral et de la p. 348 à 362 soit pour la liste alléluiatique du sanctoral et le Kyriale).

Le manuscrit n’a pas été rédigé en une seule fois ni par une seule main tant pour la copie du texte que pour la copie de la musique. Plusieurs mains interviennent dans la copie du texte :

ex.1%20main%201,%20f°%2016

EX. 1 Main 1 f°16

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EX. 2 Main 2 f°160

De même pour la copie de la musique, on peut déceler plusieurs mains :

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EX. 3 Main 1 musique, Int. Confessio Fer.V Hebd. 1

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EX. 4 Main 2 musique, Int. Confessio, s. Laurentis

La comparaison montre que la main 2 musique est plus anguleuse surtout dans le tracé du punctum. Son ductus diffère aussi légèrement.

D’autres mains postérieures sont intervenues de la fin du XIIe siècle jusqu’à la fin de la Renaissance.

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EX.5 f° 340 S. Imerii ajout de la fin du XIIe s. sur rasures

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EX. 6 f° 301, ajout main XIIIe s.e

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EX. 7 f° 320, ajout main XIIIe s.

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Ex. 8 f° 321, rature et ajout, même main XIIIe s.

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EX. 9 f°94 Réécriture postérieure fin XIIIe s.

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EX. 10 f0 17 Cursive humanistique

Les nombreux grattages et corrections que l’on peut observer révèlent le soin avec lequel le manuscrit a été conçu, lu, amendé et corrigé. Les corrections concernant le texte peuvent être faites par la même main qui, à la relecture :

D’autres mains interviennent également dans ces corrections. D’abord celle du musicien qui en écrivant les neumes sur la portée peut se rendre compte :

Des mains postérieures ont parachevé cet arsenal de corrections montrant ainsi que le manuscrit a continué d’être consulté et lu attentivement à travers les générations.

ex.17%20f°%20201%20rature%20postérieure

EX. 17 f°201. Rature et correction postérieure pour ajuster correctement la syllabe –ce de – pace sous les neumes

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EX. 18 f°41. Ajout postérieur de la reprise –et adorabunt

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EX. 19 f° 292. Trois mains sont visibles : celle du texte, celle rajoutant le –e de –eum (l.1), celle rajoutant, au XIIIe s., la rubrique du graduel Juravit remplaçant le graduel Exaltent eum dont l’incipit est gratté.